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Martin Milolo Nsenda, Assistant et Doctorant à la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa, Avocat au Barreau de Kinshasa/Matete République Démocratique du Congo
Abstract
The first article of the Constitution of 18 February 2006, as amended to date provides that the Democratic Republic of Congo (DRC) is a State of Law. In its 18 years of existence, this Constitution has undergone only one constitutional amendment impacted negatively on the rule of law as it undermined the separation of powers and the independence of the judiciary, two of the fundamental principles of the rule of law. Moreover, some of its provisions have proved to be a handicap to the effectiveness of the rule of law. Some other provisions have led to political and security conflicts which were manipulated by some neighboring countries to destabilize the Congolese state. If the first constitutional amendment was detrimental to the rule of law, how can a constitutional amendment promote and help consolidate the rule of law? From a legal standpoint, this reflection aims to demonstrate that the action and inaction of the derivative constituent is destroying the democratic rule of law. Political reality and urgency may require additional constitutional amendments in order to safeguard the rule of law as proclaimed by the 2006 Constitution.
Résumé
L’article premier de la Constitution du 18 février 2006 telle que révisée à ce jour, consacre la République Démocratique du Congo (RDC) comme un État de droit. En 18 ans d’existence, cette Constitution n’a connu qu’une seule révision constitutionnelle qui a eu un impact négatif sur l’État de droit en portant atteinte à la séparation des pouvoirs et l’indépendance du pouvoir judiciaire, deux des principes fondamentaux de l’État de droit. En outre, certaines de ses dispositions se révélées handicapantes pour l’effectivité de l’État de droit. D’autres dispositions ont conduit aux conflits politico-sécuritaires qui ont été manipulés par certains pays voisins pour déstabiliser l’État congolais. Si la première révision constitutionnelle avait nui à l’Etat de droit, une autre révision constitutionnelle pourrait-elle promouvoir et faciliter la consolidation de l’Etat de droit en RDC? Dans une approche juridique, cette réflexion vise à montrer que l’action ou l’inaction du constituant dérivé peut détruire l’Etat de droit démocratique. La réalité politique et l’urgence pourrait requérir d’autres révisions constitutionnelles en vue de sauvegarder l’Etat de droit tel que proclamé par la Constitution congolaise de 2006.
Célestin Ekoto Loleke, Professeur associé à la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa, Directeur exécutif Adjoint de l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique (IDGPA), Député National, République Démocratique du Congo
Abstract
The 2006 Constitution of the Democratic Republic of Congo was elaborated in a post-war context and after several decades of authoritarian governance. Drawing lessons from this sad past, the Constitution provides for the separation of powers between the legislature, the executive and the judiciary. However, the majoritarian phenomenon, characterised by the coexistence of the presidential and parliamentarian majorities under the leadership of the President of the Republic tends to weaken Parliament. Eighteen years after the Constitution came into operation, almost all its initiatives have been influenced by the executive. Yet, while asserting its autonomy, Parliament should play its role to check and balance the executive. Nevertheless, the separation of powers is not absolute. The three arms of the state power serve the same people and are bound to cooperate within the limits of their respective competences. The Constitutional Court is also important as it serves as a referee and deals the conflicts between the executive and the legislature.
Résumé
La Constitution de la République Démocratique du Congo de 2006 a été élaborée dans un contexte post conflit, et après plusieurs décennies de gouvernance autoritaire. Tirant les leçons de ce triste passé, la constitution consacre la séparation des pouvoirs entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Cependant, le phénomène majoritaire, cristallisé par la coïncidence des majorités présidentielle et parlementaire sous le leadership du Président de la République affaiblit considérablement le Parlement. Dix-huit ans depuis l’entrée en vigueur de la Constitution, presque toutes les initiatives parlementaires ont subi l’influence du pouvoir exécutif. Tout en affirmant son autonomie, le Parlement devrait jouer son rôle de contrôle et de contrepoids de l’exécutif. Toutefois, la séparation des pouvoirs n’est pas absolue dès lors que les trois branches du pouvoir étatique sont au service du peuple
et sont appelés à le servir dans les limites de leurs compétences respectives. La Cour constitutionnelle a également un important rôle à jouer comme arbitre et juge des conflits de compétence entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif.
Adolphe Lumanu Mulenda Bwana N’sefu, Professeur Ordinaire à la Faculté des Sciences sociales, politiques et administratives de l’Université de Kinshasa, République Démocratique du Congo
Abstract
Eighteen years after the Constitution of 18 February 2006 came into force in the Democratic Republic of Congo, its persisting institutional dysfunctioning seems to have led to a large consensus around the idea and the necessity of the rereading or rewriting of this Constitution and the electoral law. The scope of legal and constitutional reforms is very wide. It is therefore worth identifying the possible scenarios and options as well as the constitutional provisions likely to be revisited. These are, inter alia the provisions related to the modalities of voting, to presidential, national legislative, provincial, senatorial, municipal, urban, and local elections, to the organisation of the state, political regionalism, citizenship and the permanently entrenched constitutional provisions. Moreover, it is necessary to define the political and legal procedure that needs to be followed. As for the organ of reforms, drawing from the Congolese and foreign experiences, this article suggests the creation of a consultative committee in charge of institutional reforms taking into consideration Congolese and foreign experiences. Finally, to inspire the reforms, the article contains an indicative list of the texts that were consulted, including those that are likely to be reformed.
Résumé
Dix-huit ans après l’entrée en vigueur de la Constitution du 18 février 2006 en République Démocratique du Congo, son dysfonctionnement institutionnel persistant a conduit, à un large consensus semble se dégager autour de l’idée et de la nécessité d’entreprendre des réformes indispensables visant la relecture ou la réécriture de cette Constitution et de loi électorale. La gamme des réformes législatives et constitutionnelles est très étendue. Il convient dès lors d’identifier les scénarios et options possibles, des thématiques constitutionnelles susceptibles d’être éligibles à la révision. Il s’agit notamment des dispositions liées au mode de scrutins, aux scrutins des élections présidentielles, législatives nationales, provinciales, sénatoriales, municipales, urbaines et locales, l’organisation de l’Etat, régionalisme politique, la nationalité et aux dispositions intangibles permanentes de la Constitution. Par ailleurs, il convient de définir la procédure politique et législative à suivre. Quant à l’organe des reformes, Il est proposé l’institution d’un Comité consultatif chargé des réformes institutionnelles en tenant compte des expériences congolaises et étrangères des structures en charge des réformes. Enfin, les sources d’inspiration sont constituées d’une liste indicative des textes consultés parmi lesquels ceux susceptibles d’être reformés.
Paul-Gaspard Ngondankoy Nkoy-ea-Loongya, Professeur Ordinaire à la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa, Ancien Vice-Doyen chargé de l’Enseignement, Juge au Conseil d’Etat (en disponibilité), Ancien Directeur de Cabinet du Premier ministre, Député National, République Démocratique du Congo
Abstract
The celebration of the 18th anniversary of the Constitution of the Democratic Republic of Congo (DRC) presents many legal experts with yet another opportunity to suggest its revision or change because of some obstacles encountered on the ground in relation to its enforcement. In this general trend, constitutional regionalism as one of the fundamental options adopted during the “Inter-Congolese Dialogue” held in Sun City (South Africa) is under threat since some propositions of constitutional change or amendment impact on its substance or some of its manifestations. The article revisits some features of this form of the State and reflects on the challenges that its faces in the DRC. It argues that the Constitution can be amended according to its Articles 218 to 220. However, amending Article 220, which is an “entrenched” provision would only be possible in the case of a constitutional vacuum, at the initiative of an elected constituent Assembly and after the amendment by the constituent assembly has been approved by the people themselves through a referendum. Proceeding otherwise would amount to “sawing the branch of the tree on which the people and their representatives are seated” given that it is the Constitution that grant them the right to exist and the authority to act by law.
Résumé
La célébration des 18 ans de la Constitution de la République Démocratique du Congo (RDC) offre, une fois de plus, l’occasion à plusieurs spécialistes d’en proposer la révision, voire même le changement, à cause de quelques difficultés rencontrées sur terrain. Dans ce courant général, le régionalisme constitutionnel comme l’une des options fondamentales levées pendant le “Dialogue inter-Congolais” de Sun City (Afrique du Sud) se trouve être menacée, tant certaines propositions de révision ou de changement de la Constitution touchent à sa substance ou à quelques-unes de ses manifestations. Cet article revisite certains traits caractéristiques de cette forme d’État et passe en revue certains défis auxquels elle est confrontée en RDC. Il affirme que la Constitution est toujours révisable conformément aux articles 218 à 220. Cependant, la révision de l’article 220 qui est “verrouillé” n’est possible qu’en cas de vide constitutionnel, à l’initiative d’une une assemblée constituante élue et après l’adoption de cette révision par référendum. Agir autrement serait “ scier la branche de l’arbre sur laquelle le peuple et ses représentants sont assis”, dans la mesure où c’est cette Constitution qui leur donne tant le droit d’exister que le titre d’agir juridiquement.
Andre MBATA MANGU. At 18, What Future for the 2006 Constitution of
the Democratic Republic of Congo?
Isidore Ndaywel è Nziem, Professeur émérite d’Histoire à l’Université de Kinshasa, Directeur général de l’Institut Congolais d’Etudes Avancées, Membre fondateur de l’Académie Congolaise des Sciences et Membre titulaire de l’Académie Africaine des Sciences Religieuses, Sociales et Politiques, République Démocratique du Congo
Abstract
The Constitution of February 18, 2006, deserves credit for allowing the Democratic Republic of Congo to regain a degree of stability after multiple transitional regimes that followed the fall of Mobutu’s regime. However, it no longer addresses the numerous challenges the country faces, such as the over-politicization of society leading to endless political guerrillas, the looting and waste of national resources, the emergence of identity-based responses, widespread precariousness, and the neglect of rural areas. To overcome this widespread mismanagement, a new organization of the country is necessary, including territorial reorganization, better rationalization of political activities, and a greater focus on the common good by public institutions. Only a new Constitution can facilitate such a transformation by increasing and controlling state power and improving its distribution across the entire national territory. The adoption of this new Constitution, better suited to the current context, is feasible given the Congolese people’s desire to end their country’s prolonged growth crisis.
Résumé
La Constitution du 18 février 2006 a le mérite d’avoir permis à la République démocratique du Congo de renouer avec une certaine stabilité après de multiples régimes de transition qui ont suivi la chute du régime de Mobutu. Toutefois, celle-ci ne répond plus aux multiples défis auxquels le pays fait face comme la surpolitisation de la société à la base des guérillas politiques interminables, le pillage et gaspillage des ressources nationales, la résurgence des replis identitaires, la précarité généralisée, et l’abandon du monde rural. Pour sortir de cette mal gouvernance généralisée, une nouvelle organisation du pays s’impose notamment, par le réaménagement du territoire, une meilleure rationalisation des activités politiques et une plus grande prise en charge de l’intérêt commun par les institutions publiques. Seule une nouvelle Constitution peut autoriser une telle mutation, par l’accroissement et le contrôle du pouvoir de l’Etat et une meilleure redistribution de son exercice sur l’ensemble du territoire national. La production de cette nouvelle Constitution, plus adaptée à la conjoncture du moment, est dans l’ordre du possible, vue la volonté des Congolais de mettre un terme à la longue crise de croissance que connaît leur pays.
Mots-clés : Conférence Nationale Souveraine ; Constitution ; Dialogue inter-congolais ; République Démocratique du Congo
En savoir plusAndré Mbata Mangu, Professeur Ordinaire, Faculté de Droit, Université de Kinshasa, République Démocratique du Congo & Extraordinary Professor, College of Law, University of South Africa, South Africa
Abstract
On 18 February 2024, the Constitution of the Democratic Republic of Congo (DRC) was 18 years old. Since its promulgation on 18 February 2006, it has been amended once only. The present article reflects on this Constitution, its place and its importance in the constitutional and political history of the DRC, on its past, its present and its future prospects. The author argues that no constitution is perfect or eternal. It can be modified. The Constitution provides itself for its amendment even though it remains silent on its replacement by another but complete change is impossible. The DRC Constitution of 18 February 2006 is at a crossroads: between “revision” and “change”? The author argues that the final say is with the people who are sovereign and who, in the name of the sovereignty and as the ultimate holder of the authority, may opt for a revision or a change. However, sovereignty belongs to the people who are recognised as the ultimate holder of state authority and sovereignty entitles them to adopt, amend, maintain, reinforce or suppress auto-limitation clauses or intangible provisions expressly excluding any revision for matters such as those listed in Article 220. Therefore, the Congolese people can opt for a constitutional amendment but they may also and should even opt for a constitutional change since a constitutional amendment as provided for by articles 218, 219 and 220 would not solve the problems raised by this Constitution.
Résumé
Le 18 février 2024, la Constitution de la République Démocratique du Congo (RDC) a atteint 18 ans d’existence. Depuis sa promulgation le 18 février 2006, elle n’a connu qu’une seule révision. Au moment où la RDC commémore le 18e anniversaire de sa Constitution, l’article se penche sur cette Constitution, sa place et son importance dans l’histoire constitutionnelle et politique de la RDC, son passé, son présent et ses perspectives d’avenir. L’auteur affirme qu’aucune constitution n’est parfaite ni éternelle. Elle peut être modifiée. La Constitution organise elle-même sa révision même si elle reste muette sur son remplacement par une autre, le changement total est impossible. La Constitution de la RDC du 18 février 2006 est à la croisée des chemins, entre « Révision » et « changement ». L’auteur soutient que le dernier mot revient au peuple qui est souverain et qui, au nom de la souveraineté et en tant que détenteur ultime du pouvoir, peut opter pour une révision ou pour un changement en revenant sur les mesures d’autolimitation ou dispositions dites intangibles. Le peuple congolais peut donc opter pour une révision constitutionnelle mais il peut aussi et devrait même opter pour un changement constitutionnel étant donné qu’une simple révision telle que prévue par les articles 218, 219 et 220 ne permettrait pas de résoudre les problèmes suscités par cette Constitution.
Mots-clés :Clauses intangibles ; Constitution ; Changement constitutionnel ; Démocratie ; Révision constitutionnelle ;
En savoir plusAndre MBATA MANGU. A 18 ans, quel avenir pour la Constitution de 2006 en République démocratique du Congo?
En savoir plusEmile Bongeli Yeikolo ya Ato, Professeur Ordinaire à la Faculté des Sciences Sociales, Administratives et Politique, Université de Kinshasa, République Démocratique du Congo
Abstract
This article deals with the problematic of the Constitution as an instrument in the service of politics. Politics is understood as an art about the organisation and the management of a political entity constituted according to the common and legitimate expectations of the people. The Constitution is in force in the country since February 2006 is one of those constitutions that were imposed by ideological imperialism of Western Nations on their former African colonies. They imposed on dominated nations modes of organisation incompatible with the imperatives of peace, justice and development. With regard to the current constitution of the Democratic Republic of Congo, the author holds that this political instrument has failed to develop the country, all to the contrary. Hence the imperative to draft a new one based on African philosophical comunautarism as opposed to Western individualism historically imposed. Some basic elements to be included are proposed.
Résumé
Cet article revient sur la problématique de la constitution comme instrument au service de la politique comprise comme l’art d’organiser et de gérer une entité politiquement constituée selon les aspirations communes légitimées par toutes les populations concernées. La constitution en vigueur au pays depuis février 2006 est une de ces constitutions imposées par l’impérialisme idéologique des Nations occidentales sur leurs anciennes colonies d’Afrique. Elles imposent aux pays dominés des modes d’organisation incompatibles avec leurs impératifs de paix, de justice et de développement. S’agissant plus précisément de l’actuelle constitution de la RDC, l’auteur constate que cet outil politique n’a pas pu relever le pays, bien au contraire. D’où l’impératif d’en rédiger une autre élaborée sur fond philosophique communautariste africain opposé à l’individualisme occidental historiquement imposé. Quelques éléments de base à y inclure sont suggérés.
Evariste Boshab Mabudj-Ma-Mabileng, Professeur Ordinaire à la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa, Ancien Président de l’Assemblée nationale, Ancien Directeur de Cabinet du Président de la République, Ancien Vice-Premier Ministre, Sénateur honoraire, Député National honoraire, République Démocratique du Congo
Abstract
Enshrined in the Fundamental Law of 19 May 1960 related to the Structures of the Congo as a management system that could help the young State to rapidly take off, retained by the Constitution of 1st August 1964 and highly considered by the Constitution of 18 February 2006 which currently governs the Democratic Republic of Congo, the decentralisation takes long to be fully implemented due to a number of obstacles. Some of these obstacles are constitutional and legal like ambiguous texts that become controversial due to the way they are interpreted. Others are practical as when the authorities of the central power in all impunity interfere with the competences of the provincial authorities. This contributes to making the decentralisation a purely formal one, with no impact of the improvement of the life of the citizens. The question that can therefore be raised – and requires an answer – is whether the real problem is with the quality of people entrusted with the mission of its implementation or it is rather the nature of the postcolonial State, which is the continuation of the colonial State that prevents the decentralisation to take roots.
Résumé
Inscrite déjà dans la Loi fondamentale du 19 mai 1960 relative aux Structures du Congo comme modalité de gestion pouvant permettre à ce jeune Etat de décoller rapidement, reconduite par la Constitution du 1er août 1964, hissée aux firmaments par la Constitution du 18 février 2006 qui régit actuellement la République Démocratique du Congo, la décentralisation tarde à s’affirmer en raison de plusieurs obstacles. Certains de ces obstacles sont d’ordre constitutionnel et légal comme des textes ambigus dont l’interprétation prête le flanc à la controverse. D’autres s’observent sur le plan pratique comme lorsque les autorités du pouvoir central empiètent, sans être inquiétées, les compétences des autorités provinciales dont celles des autorités décentralisées. Ce qui rend en définitive cette décentralisation purement formelle, sans incidence sur l’amélioration de la vie des citoyens. La question que l’on peut dès lors se poser – et qui exige une réponse – est celle de savoir si c’est la qualité des personnes chargées de la mise en oeuvre de la décentralisation qui constitue le vrai problème ou si c’est la nature de l’Etat postcolonial qui n’est que la continuation de l’Etat colonial qui empêche la décentralisation de s’enraciner.
Mots-clés : Constitution ; Décentralisation; Institutions provinciales,
Pouvoir central, République Démocratique du Congo ; Révision constitutionnelle
Placide Mabaka Mukwabuhika, Professeur des Universités (Université du Kwango, Université Protestante au Congo, Université Etoile de Lubumbashi), Secrétaire Général à la Recherche, Université Etoile de Lubumbashi, Chercheur Associé à l’Université Catholique de Lille, Avocat au Barreau de Kinshasa-Matete, République Démocratique du Congo
Abstract
Since its accession to Independence on 30 June 1960, the Constitution the Democratic Republic of Congo (DRC) has been in quest for constitutional stability. The Fundamental Law of 19 May 1960 was the first constitution of the country. However, the Fundamental Law was an interim constitution. On the 1st August 1964, the Congolese people adopted by referendum a new Constitution. This Constitution did not survive General Mobutu’s coup d’Etat on 24 November 1965. The Constitution of 24 June 1967 was the third Congolese Constitution, but the second to be approved by referendum. It was amended several times until Laurent-Desire Kabila seized power from President Mobutu’s regime in May 1997. The Inter-Congolese Dialogue was held in Sun City (South Africa) and brought together the belligerents and the leaders of civil society and adopted a transitional Constitution. This Constitution was replaced by the Constitution that was adopted by referendum in December 2005 and promulaguated by President Joseph Kabila on 18 February 2006. Le Dialogue-inter-congolais de Sun City (Afrique du Sud) qui réunit les belligérants et la société civile autour d’une même table produisit une constitution de la transition qui régit le pays jusqu’à l’entrée en vigueur de la Constitution qui avait été adoptée par referendum en 2005 et que Président Joseph Kabila promulgua le 18 février 2006. Eighteen 18 years after it came into force, this Constitution has shown its weaknesses and the DRC is in search for another Constitution. The article calls for a new Constitution for a “restored Congo”, a truly Congolese constitution that would respond to the legitimate expectations of the Congolese people and the future generations. Such Constitution should draw inspiration from the past and present constitutions of the DRC. The choice of the best method and some major innovations would constitute the points of rupture or departure from the current constitutional dispensation. The New Constitution will mark the beginning of the Fourth Republic.
Résumé
Depuis son accession à l’indépendance le 30 juin 1960, la République démocratique du Congo (RDC) est en quête de stabilité constitutionnelle. La Loi fondamentale du 19 mai 1960 était la première constitution du pays. Cependant, la Loi fondamentale était une constitution provisoire. Le 1er août 1960, le peuple congolais adoptait par référendum une nouvelle Constitution qui ne survécut pas au coup d’Etat du Général Mobutu du 24 novembre 1965. La Constitution du 24 juin 1967 était la troisième Constitution de la RDC, mais la deuxième à être adoptée par référendum. Elle fut révisée plusieurs fois jusqu’à l’accession au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila qui avait renversé le Président Mobutu en mai 1997. Le Dialogue-inter-congolais de Sun City (Afrique du Sud) qui réunit les belligérants et la société civile autour d’une même table produisit une constitution de la transition qui fut remplacée par la Constitution qui avait été adoptée par référendum en 2005 et que Président Joseph Kabila promulgua le 18 février 2006. Dix-huit ans après son entrée en vigueur, cette Constitution a montrée ses faiblesses et la RDC est à la recherche d’une nouvelle Constitution. L’article constitue un plaidoyer pour une nouvelle Constitution pour un « Congo restauré », une Constitution véritablement congolaise qui correspondrait aux attentes légitimes du peuple congolais et des générations futures. Une telle Constitution devrait s’inspirer des anciennes constitutions et de la constitution actuelle de la RDC. Le choix de la meilleure méthode et quelques importantes innovations la différencieraient de l’armature constitutionnelle actuelle. La Nouvelle Constitution marquerait le début de la Quatrième République.
African Journal of Democracy and Governance
The African Journal of Democracy and Governance (AJDG) / Revue africaine de la démocratie et de la gouvernance (RADG) is published under the auspices of the Institute for Democracy, Governance, Peace and Development in Africa (IDGPA)/Institute pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique (IDGPA, and a non-profit and independent civil society organisation registered in South Africa and the Democratic Republic of Congo.
AJDG/RADG is a fully peer-reviewed quarterly, multi-, inter-, and transdisciplinary journal that publishes editorials, articles, essays, book reviews, and notes on issues related to democracy, good governance, development and peace in Africa. Its main objective is to provide a forum for the exchange of ideas and constitute a repository of scholarly work of high academic standards which impacts on policies and contribute to the establishment and/or consolidation of democracy, good governance, development and peace that are critical for an African renaissance.
AJDG/RADG is a bilingual journal that publishes articles in French and/or English on any issue governance in Africa. Since 6 December 2024, the African Journal of Democracy and Gouvernance / Revue africaine de la democratie et de la gouvernance is among the international journals approved on the Norwegian List of Accredited Journals.
En savoir plusMarcel Muyamba Mangu, Professeur à la Faculté des Sciences Sociales, Politiques et Administratives à l’’Université Pédagogique de Kananga, République Démocratique du Congo
Abstract
By Resolution 48/121 of 20 February 1993, the United Nations General Assembly held in Vienna recognised the right to development as an inalienable human right and an integral part of fundamental human rights. Therefore, the right to development cannot be set aside for any reason, including lack of development. This right must be realised in a manner that equitably addresses the problems of present and future generations and meets the developmental and environmental needs of the population. However, there is controversy regarding this right at the academic level as well as at the United Nations level. In the Democratic Republic of Congo, the right to development is constitutionally guaranteed in chapter 3 (collective rights) by article 58 of the Constitution which stipulates that ‘the State has the duty to guarantee the right to development’. However, the Constitution of February 18, 2006, is far from clear in terms of defining the content and scope of this right. The way in which this right is enshrined also raises questions as to the modalities of its application. This paper examines how the right to development is incorporated and applied in the constitution of the Democratic Republic of Congo? Furthermore, the Paper investigates what efforts have been made to implement the right to development and to what extent have they succeeded or failed? What could be the permissive conditions for the effective realisation of the right to development in the DRC?
Résumé
Par Résolution 48/121 du 20 février 1993, l’Assemblée Générale des Nations Unies réunie à Vienne a reconnu le droit au développement comme un droit humain inaliénable et partie intégrante des droits fondamentaux de l’homme. En République Démocratique du Congo, le droit au développement est constitutionnellement garanti au chapitre 3 (des droits collectifs) par l’article 58 de la Constitution qui stipule que l’Etat a le devoir de garantir le droit au développement sans pourtant le définir. La manière dont ce droit est consacré soulève également des questions quant aux modalités de son application. Ce papier examines comment le droit au développement est incorporé et appliqué dans la constitution de la République Démocratique du Congo ? Par ailleurs, le Papier enquête sur quels efforts ont été déployés pour la mise en oeuvre du droit au développement et dans quelle mesure ils ont réussi ou échoué ? Quelles pourraient être les conditions permissives pour la réalisation effective du droit au développement en RDC ?
Placide Mabaka Mukwabuhika. Une Nouvelle Constitution pour un Congo Restauré
En savoir plusPierre Kilele Muzaliwa, Professeur associé, Faculté de Droit, Université de Goma, République Démocratique du Congo
Abstract
This paper supports that the Constitution of the Democratic Republic of Congo did not solely trust institutional actors with the realisation of the collective well-being. Alongside, it crafted a mechanism (contrôle citoyen économique) through which citizens can exert control over the management of public economic and financial resources, thus sharing the burden of assuring prosperity between them and the authorities. Notwithstanding this, the population still holds authorities solely responsible for the country’s underperformance. In turn, institutional actors regret the lack of support from citizens not very bold and who expect almost everything from the State. The Constitution established a dual approach of accountability for both involved parties. Beyond what looks apparent, this paper navigates the underlying justifications of the disempowerment of citizens. Through an etiological approach, it submits that the limits to the exercise of citizen’s economic control are to be found in the defect of the constitutional system, which is not citizen-centric as citizens almost have no access to indispensable information. It suggests that the right of access to information should be rewritten in the light of the Kenyan and South African Constitutions. It is only by so doing that citizens will truly be responsible as well of any underperformance by authorities.
Résumé
Cette analyse soutient que la Constitution de la République Démocratique du Congo n’a pas fait exclusivement confiance aux animateurs étatiques pour réaliser le bien-être collectif. A côté, elle a mis en place un mécanisme de responsabilisation du citoyen, partageant ainsi le fardeau de prospérité entre les citoyens et ses dirigeants. Nonobstant cela, la population prend les animateurs étatiques pour seuls responsables du sous-développement du pays. Ceux-ci en retour regrettent l’absence d’accompagnement des citoyens très peu hardis et qui attendent quasiment tout de l’Etat. Alors que la Constitution a reconnu une dualité de responsabilisation aussi bien d’animateurs institutionnels que des citoyens, à travers le contrôle citoyen économique ; cette étude, au-delà des façades, analyse les justifications sous-jacentes de la déresponsabilisation du citoyen. À travers une vue étiologique, elle trouve les limites à l’exercice de ce contrôle dans la défectuosité du dispositif constitutionnel en place : l’accès à l’information. Elle en déduit un faible degré de centricité citoyenne de la Constitution et propose un remodelage du droit d’accès à l’information, à l’aune des Constitutions kenyane et sud-africaine. Cela permettra au citoyen d’être véritablement responsable en prenant part à la gestion des ressources financières et économiques de l’Etat.
Jimmy Ngwaka Munganga, Premier Président de la Cour des Comptes, Kinshasa, République Démocratique du Congo
Abstract
The Court of Audit of the Democratic Republic of Congo is the highest institution established to audit public finances and resources in the country in terms of its organic Act no 18/024 of 13 November 2018. On paper, it exists since 1908 under the Colonial Charter, the constitutional Act that governed Belgian Congo from 1908 to 1960 when the Congo acceded to independence. In fact, this Court started working in 1987. It has both jurisdictional and extra-jurisdictional competence that enables to fight corruption. While its extra-jurisdictional competence is essentially pedagogical, its jurisdictional is repressive. The author of the article argues that the mandate of the Court of Audit should be legally reinforced inter alia by a double adjustment of its texts. First, all public accounts’ authorizing officers without any exception should be placed under its jurisdiction. Second, Article 39 of the organic law of the Court needs revision to enable it, without any ambiguity, to block the bank accounts of those found responsible for serious irregularities during the audit and to stop them from leaving the national territory until the closure of their case. With such a repressive arsenal, the Court of Audit, once established in all the provincial capitals will through its decentralized chambers more successfully combat corruption and its collateral effects.
Résumé
La Cour des comptes de la République Démocratique du Congo est l’Institution supérieure de contrôle des finances et des biens publics dans le pays au terme de la loi organique n°18/024 du 13 novembre 2018. Elle existe, du moins sur papier depuis 1908 avec la Charte coloniale, l’acte constitutionnel qui a régi l’Etat de Congo belge soit de 1908 à 1960, date de l’accession du Congo à la souveraineté internationale. Cette Cour n’a commencé à fonctionner effectivement qu’en 1987. Elle a une compétence à la fois juridictionnelle et extra-juridictionnelle qui lui permet de lutter efficacement contre la corruption. Si sa compétence extra-juridictionnelle est essentiellement pédagogique, sa compétence juridictionnelle est répressive. L’auteur de l’article avance que le mandat de la Cour des comptes devrait être légalement renforcé en procédant notamment à un double ajustement des textes qui la régissent. De prime abord, tous les ordonnateurs sans exception devraient être placés sous le contrôle de la Cour des comptes. Ensuite, l’article 39 de la loi organique de la Cour devrait être amendé en vue pour lui permettre notamment, sans aucune ambiguïté, de bloquer les comptes bancaires des auteurs de graves irrégularités constatées lors de l’audit et de leur interdire de sortir du territoire national jusqu’à la clôture du dossier. Avec un tel arsenal répressif, la Cour des comptes, une fois installée dans tous les chefs-lieux des provinces à travers ses chambres des comptes déconcentrées, pourra lutter plus efficacement contre la corruption et tous ses effets collatéraux.
Mots-clés : Assemblée nationale ; Audit ; Comptables publics ; Contrôle
juridictionnel ; Corruption ; Cour des comptes ; Finances
publiques ; Ordonnateurs des comptes ; République Démocratique du Congo
Jacques Djoli Eseng’ekeli, Professeur ordinaire, Faculté de Droit, Université de Kinshasa, Rapporteur de l’Assemblée Nationale, Député National, Sénateur honoraire, Ancien Vice-Président de la CENI, République Démocratique du Congo
Abstract
Mythological foundation of the “living together” of a nation, expression of the political and philosophical project, the Constitution appears like a taboo, a totem that can only be touched with a trembling hand. If we cannot bereave successive generations of citizens of any possibility of modifying or even changing the Constitution, a constitutional crisis is not necessarily a crisis of the constitutional norm in itself, but that of internalization and acceptance by the actors of the values displayed by the Grundnorm. Rewriting the text or rereading it leads to resolve the democratic paradox by reconciling the imperatives of constitutionalism and the desire to re-enchant the game through the diachronic adaptation of the text. Beyond rewriting or rereading, we should take control, through an ontological conceptualization, of the foundation of our living together, the matrix of the future. It is critical to rethink or recast our imagination in order to rediscover the mythological foundations of our laws.
Résumé
Fondement mythologique du “vivre-ensemble” d’un peuple, expression du projet politique et philosophique, la Constitution apparait comme un tabou, un totem qu’on ne touche que d’une main tremblante. Si on ne peut priver des générations successives de citoyens de toute possibilité de modifier voire de changer de Constitution, une crise constitutionnelle n’est pas nécessairement une crise de la norme constitutionnelle en soi, mais celle de l‘intériorisation et de l’acceptation par les acteurs des valeurs que véhicule la Norme fondamentale. La réécriture du texte ou sa relecture viennent ainsi résoudre le paradoxe démocratique en conciliant les impératifs du constitutionnalisme et la volonté de ré-enchanter le jeu par l’adaptation diachronique du texte. Au-delà de la réécriture ou de relecture, il faut reprendre en main, par une conceptualisation ontologique le fondement de notre vivre-ensemble, la matrice de devenir. Il est important de repenser ou de refonder notre imaginaire afin de redécouvrir les fondements mythologiques de nos lois.
Résumé
Le 18 février 2024, la Constitution de la République Démocratique du Congo (RDC) a atteint 18 ans d’existence. Depuis sa promulgation le 18 février 2006, elle n’a connu qu’une seule révision. Au moment où la RDC commémore le 18e anniversaire de sa Constitution, l’article se penche sur cette Constitution, sa place et son importance dans l’histoire constitutionnelle et politique de la RDC, son passé, son présent et ses perspectives d’avenir. L’auteur affirme que comme toute autre oeuvre humaine et en dépit des dispositions intangibles qu’elle peut contenir, aucune constitution n’est parfaite ni éternelle. Elle fait partie du droit positif d’un pays et peut être modifiée. La Constitution organise elle-même sa révision même si elle reste muette sur son remplacement par une autre et dans tous les cas, le changement total est impossible car les nouvelles Constitutions comportent toujours des dispositions héritées des constitutions précédentes, particulièrement celles qui se rapportent à la souveraineté, à l’indépendance, à la démocratie et aux droits de l’homme. A 18 ans, la Constitution de la RDC devrait être adaptée ou ajustée en vue de la consolidation du constitutionnalisme et de la démocratie. « Révision » ou « changement » de la Constitution ? La réponse appartient en définitive au peuple souverain qui gouverne indirectement par ses élus ou directement par voie du référendum.
Abstract
On 18 February 2024, the Constitution of the Democratic Republic of Congo (DRC) was 18 years old. Since its promulgation on 18 February 2006, it has been amended once only. The present article reflects on this Constitution, its place and its importance in the constitutional and political history of the DRC, on its past, its present and its future prospects. The author argues that as any other human creature and despite the provisions that can be entrenched therein, no constitution is perfect or eternal. It is part of the positive law of a country and can be modified. The Constitution provides itself for its amendment even though it remains silent on its replacement by another and anyway, complete change is impossible since new Constitutions always retain some provisions of the previous ones, particularly those related to sovereignty, independence, democracy and human rights. At 18, the DRC Constitution of 18 February 2006 should be adapted in order to consolidate constitutionalism and democracy. Constitutional “revision” or “change”? The final response belongs to the sovereign people who govern indirectly through their elected representatives or directly through a referendum.
Janvier Lemere Kiyombo Makonga, Assistant et Doctorant à la Faculté de Droit de l’Université de Lubumbashi, Avocat au Barreau du Haut Katanga, République Démocratique du Congo
Abstract
This article analyzes the relationships between the Government and the Provinces through the relationships between the Minister of Interior of Home Affairs and provincial Governors under the Constitution of the Democratic Republic of Congo of 18 February 2006. First, it examines the interactions between the Minister and provincial governors. Second, it addresses the interference of the Minister in the activities of provincial institutions and stresses the necessity to oversee the competences of the Minister in order to protect the autonomy granted to the Provinces by the Constitution of the Republic.
Résumé
Cet article analyse les rapports entre le pouvoir central et la province à travers les rapports entre le Ministre de l’Intérieur et les gouverneurs des provinces sous la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006. Il examine d’abord les rapports entre le Ministre et les gouverneurs de provinces. Il traite ensuite de l’immixtion du Ministre de l’intérieur dans le fonctionnement des institutions provinciales et souligne la nécessité d’un encadrement des compétences du Ministre pour sauvegarder l’autonomie reconnue aux Provinces par la Constitution de la République.